Annoncé comme le grand rendez-vous des solidarités de l’année 2026, le 36e Congrès de l’Uniopss a rassemblé à Paris 1 200 participants. Au lendemain des élections municipales et à un an de la Présidentielle, cet événement fut l’occasion, pour les acteurs associatifs des solidarités et de la santé, d’affirmer ensemble un projet où les solidarités sont le moteur de la société et dans lequel les associations sont des piliers actifs.
« Place des individus, pouvoir du collectif : à l’heure des choix, donnons de la force à notre société » : telle était la thématique du 36e Congrès de l’Uniopss qui s’est déroulé les 31 mars et 1er avril à Paris, à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Dans cette tension entre les aspirations croissantes des individus à l’autonomie et l’importance de développer un sentiment d’appartenance collectif, les associations des solidarités et de la santé jouent un rôle essentiel pour créer du lien social entre les individus, protéger sans exclure, et permettre à chacun et chacune de trouver sa place dans la société.
Quel modèle social souhaitons nous dans les années à venir face aux nouveaux risques qui se présentent à nous ? Quelles composantes relèvent de la responsabilité collective et de notre responsabilité individuelle ? Est-on mieux protégé individuellement ou collectivement ? Quelles réalités de l’action sociale dans les territoires ? Le modèle non-lucratif a-t-il encore un avenir ? Comment réconcilier les individus avec le collectif ? Voici les questions centrales et d’actualité qui ont été mises en débat lors de ce Congrès.
Au sein de chaque plénière, des intervenants et intervenantes de renom, experts, chercheurs, économistes, personnalités politiques, acteurs de terrain, ont apporté leur éclairage, parmi lesquels : Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop ; Laurence de Nervaux, directrice générale de Destin Commun ; Claire Hédon, Défenseure des Droits ; Benoît Hamon, président d'ESS France ; Fabrice Gzil, philosophe, Magali Assor, vice-présidente du Comité d’éthique de l’Uniopss ; Michaël Zemmour, économiste ; Bruno Palier, spécialiste reconnu de la protection sociale ; Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l’OCIRP ; Eric Chenut, président de la Fédération nationale de la Mutualité française… mais aussi des personnalités inspirantes, apportant un « regard décalé » : Delphine de Vigan, célèbre romancière, qui a proposé un voyage littéraire autour de nos vulnérabilités et de l’importance du lien avec l’autre ; Samah Karaki, Docteure en neurosciences et auteure de plusieurs essais, qui a questionné la notion d’empathie, ou encore Thomas Jolly, directeur artistique des cérémonies des JOP de Paris 2024.
Ce Congrès a également été l’occasion, pour les congressistes, de s’outiller concrètement pour agir, grâce à un large choix de 20 ateliers participatifs, au plus près des préoccupations des acteurs de terrain. L’ouverture du Congrès a été marquée par l’intervention de Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées. Elle a notamment souligné l’importance de veiller à préserver notre modèle social et à la nécessité de « redoubler d’attention pour veiller à la protection des plus vulnérables ». Autre temps fort : l’adresse, du président de l’Uniopss et des représentants des associations adhérentes de l’Union, via une lettre ouverte aux 34 875 maires de France, pour que ces derniers fassent des solidarités et de la santé, le ciment de leur commune.
Au deuxième jour du Congrès, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, a partagé la vision et les combats de l’Union. Il a appelé à « redoubler de vigilance », d’abord dans un contexte international tendu, mais aussi, « dans une France fracturée », confrontée à une « crise politique et démocratique auto-entretenue par un débat public dans lequel nos concitoyens ne se reconnaissent majoritairement plus. » Il a souligné, dans ce cadre, le rôle majeur des acteurs associatifs, « faiseurs des solidarités du quotidien », et créateurs de « liens entre les individus ». Comme il l’a ainsi affirmé : « faire le choix des solidarités et du secteur non lucratif pour les mettre en œuvre, ce n’est pas glorifier un passé dont nous sommes fiers. C’est agir pour un présent qui émancipe des vulnérabilités humaines et qui, par notre interdépendance, reconnaît notre diversité. Et, partant de là, c’est ainsi mieux préparer l’avenir. » Et de rappeler avec force : « Sans les associations, la France perdra le combat. Le combat de l’accompagnement dû à toutes et tous face aux vulnérabilités de l’existence, et donc le combat en faveur d’une certaine idée de la République. »
Entre discours, débats, découvertes, partages, interventions inspirantes, temps participatifs, moments conviviaux dans le Village des exposants, et soirée festive inédite au cœur de La Villette, ce congrès, organisé avec le concours de l’Uriopss Île-de-France, et avec le soutien de nos partenaires (Crédit Coopératif, Banque des Territoires, Harmonie Mutuelle, notamment), a donc permis de faire bouger les lignes et de souligner qu’ensemble, nous sommes plus forts !
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